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HERA - Higher Education & Research Awards Énergie & Climat, Environnement, Finance

Assessing the Additionality of Corporate Green Bonds in Europe : Impacts on Sustainable Investments and Environmental Outcomes

Le travail d’Amina Abene explore l’impact réel des obligations vertes émises par les entreprises européennes. Permettent-elles de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et d’accélérer la transition énergétique, ou financent-elles des projets qui auraient pu être soutenus par des financements classiques ? Une première analyse, quantitative, examine les variations des émissions de GES avant et après l’émission d’obligations vertes. Cette analyse, fondée sur de vastes bases de données, révèle une diminution de 43,12 de l’intensité des GES en 2020. Toutefois, cette réduction n’est pas statistiquement significative, ce qui soulève des doutes sur l’impact environnemental direct des obligations. Le mémoire explore ensuite l’additionalité financière des obligations vertes en Europe, notamment pour des projets d’énergies renouvelables. Le cadre méthodologique du Clean Development Mechanism (CDM) est appliqué à deux projets éoliens offshore en mer du Nord (Hohe See et Albatros) pour évaluer leur dépendance à ce financement. Les résultats montrent qu’ils affichent des taux internes de rendement inférieurs à ceux de projets similaires, rendant leur financement peu attractif pour les investisseurs classiques. Ils démontrent donc bien l’additionalité financière des obligations vertes pour ces projets.

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L'avis du jury du HERA Award Sustainable & Responsible Finance 2025

Le jury félicite Amina Abene pour l’étude qu’elle a menée au sujet de l’efficacité des obligations vertes sur l’additionnalité financière et sur l’impact environnemental des entreprises en Europe. Il souligne le caractère très actuel de cette thématique, qui constitue un véritable enjeu de politique publique, sous-estimé et pourtant important à tous les points de vue. Cela permet d’initier ou financer des projets innovants pouvant être considérés comme pas rentables ou réalistes, ainsi que d’éviter le greenwashing.

Le jury a particulièrement apprécié la dimension innovante du travail qui, en appliquant le concept d’additionnalité – initialement appliqué au Protocole de Kyoto – aux green bonds, montre sa pertinence et son utilité dans la lutte contre le greenwashing dans le secteur financier. Concernant l’approche systémique, celle-ci ne se situe pas tant dans l’approche méthodologique, car le choix de se concentrer sur les green bonds limite de facto le travail dans son analyse des enjeux sociaux ou de gouvernance, qui font partie des critères ESG. Le jury considère ce travail comme transversal, car l’additionnalité est transposable à d’autres classes d’actifs.

D’autres éléments ont plu au jury : l’analyse critique de l’autrice sur l’efficience des standards, l’étude approfondie de deux business cases malgré un échantillon limité et la maîtrise technique du concept d’additionnalité. Il salue d’ailleurs son courage et son ambition face à un sujet complexe, sur lequel elle s’est visiblement extrêmement bien documentée, sans simplifier son discours.

Ce mémoire a retenu l’attention du jury et mérite d’être visibilisé, car il intègre l’idée de double matérialité, qui est peu étudiée et pourtant nécessaire dans le monde de l’asset management, ouvrant ainsi des portes intéressantes. En effet, l’évaluation des asset managers s’effectue selon une perspective long terme et ne repose plus seulement sur l’impact financier direct mais aussi sur les impacts sociaux et environnementaux du secteur.

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Amina Abene a terminé son master d’ingénieure de gestion à la Solvay Business School de l’ULB en août 2024.

Pierre Poncelet est professeur à la Solvay Business School où il couvre la thématique des enjeux de la transition durable des entreprises. Il est également Partner en Stratégie et ESG auprès du cabinet de conseil Deloitte.