La via campesina: un acteur international de poids vers la souveraineté alimentaire et une nouvelle forme de gouvernance mondiale.
La thèse de Priscilla Claeys est consacrée à La Via Campesina, réseau transnational de mouvements paysans rassemblant quelque 200 millions de petits agriculteurs au sein de 70 pays. Outre ses aspects conceptuels, le travail a consisté à mener plus de 110 entretiens et à participer à une soixantaine de réunions dans 13 pays de différents continents. Priscilla Claeys a étudié pourquoi et comment ce mouvement utilise les droits humains dans sa lutte pour la souveraineté alimentaire. Elle a analysé la lutte des paysans en faveur de la reconnaissance de nouveaux droits (à la terre, à la biodiversité, aux semences, ...). Elle a démontré que les mouvements paysans dépassent « le paradoxe de l’institutionnalisation », c’est-à-dire le risque de voir les droits perdre leur potentiel subversif et mobilisateur lorsqu’ils sont mis en oeuvre par les pouvoirs étatiques. Sa conclusion est qu’en cherchant à redéfinir les droits humains, la Via Campesina invite à un débat public sur l’avenir de la paysannerie mondiale et, plus largement encore, sur l’allocation des ressources naturelles.
L'avis du jury du Doctoral Thesis Award for Future Generations 2017:
"La thèse a touché la sensibilité du jury par son caractère local et global et par l’ancrage de son analyse juridique dans les réalités de terrain vécues par le monde paysan dans 13 pays. Elle pose en termes de droits humains […] l’épineux […] problème de l’avenir de ces acteurs du développement sur une planète où les multinationales font main basse sur le secteur agricole, avec en toile de fond des problèmes de pauvreté, de biodiversité et d’accès à la terre."