Lien avec la Fondation

HERA - Higher Education & Research Awards Santé

La prison, un milieu capable d’améliorer la santé des détenu.e.s grâce à la création d’un nouveau « métier », axé sur le dialogue entre professionnels

Le travail de Rachelle Rousseaux s’inscrit en complémentarité directe d’une recherche-action menée par l’UCLouvain (ProSess) destinée à mettre au point un dispositif de soutien à l’évaluation des programmes de promotion de la santé. Menée à la prison pour femmes de Berkendael, son étude de cas analyse le programme Care.Connexion développé en 2016 par l’ASBL bruxelloise I.Care et reposant sur trois axes : des entretiens individuels en cellule avec les détenues, le développement de projets communautaires et le recours à des espaces de dialogues informels (préaux). En donnant une perspective systémique à l’évaluation réalisée par I.Care, Rachelle Rousseaux a fait émerger le rôle d’ « interface santé » joué par le dispositif, reposant sur l’approche bottom-up, l’empowerment (renforcement de la capacité d’agir des détenues), l’approche holistique de la santé (physique, mentale, sociale), etc. Peu coûteuse, cette interface-santé pourrait inspirer les projets de méga-prisons (Haren) dans l’optique de Prisons Promotrices de santé (OMS).

> A télécharger :
> Intervention de Rachelle lors du webinaire, à partir de 00:43:02

L'avis du jury du HERA Award Sustainable Health 2022

Le jury a choisi de récompenser ce travail qui aborde de manière percutante un enjeu sociétal majeur : celui de l’inégalité de traitement des personnes par le prisme du milieu carcéral. Le jury salue l’audace de la démarche suivie dans le cadre de ce mémoire, qui propose un dispositif novateur en termes d’intégration et de participation des détenu·e·s, avec l’implication du personnel dans l’élaboration de solutions. Le jury apprécie la perception très humaine de l’environnement portée par ce travail, mettant en lumière les liens entre transition écologique, environnement, lieu de vie, réinsertion et vivre-ensemble. Si cette étude porte sur le contexte très particulier de l’univers carcéral et est donc difficilement transférable telle quelle à d’autres situations, le jury estime que ce travail pourrait apporter des éléments de réflexion vis-à-vis d’autres publics marginalisés, privés de la possibilité de contribuer à une transition vers une société plus durable.

Rachelle Rousseaux a terminé son master en sciences de la santé publique à la faculté de santé publique de l’UCLouvain en juin 2021. Elle y est actuellement assistante de recherche.

Isabelle Aujoulat est professeure à la faculté de santé publique, à l’IRSS (institut de recherche Santé & Société) et au RESO (service universitaire de promotion de la santé) de l’UCLouvain.
Ségolène Malengreaux est doctorante à la faculté de santé publique, à l’IRSS et au RESO de l’UCLouvain.