Conception d’archétypes d’habitat bioclimatique en briques de terre comprimée à Ouagadougou au Burkina Faso
Marie Hervier a élaboré un concept novateur d’immeubles à appartements en murs porteurs conçus en briques de terre comprimée (BTC) à Ouagadougou (Burkina Faso). Intégrée dans une architecture bioclimatique de haut standing, la BTC présente de nombreux avantages : résistance, disponibilité locale, faible empreinte environnementale, etc. Avec la collaboration d’un ingénieur et d’un architecte burkinabés, elle a conçu trois archétypes dont elle a évalué les atouts et inconvénients respectifs : un immeuble à appartements de cinq étages pour le centre d’Ouagadougou, un immeuble à appartements de deux étages pour le centre et les alentours et, enfin, une villa à deux niveaux pour la périphérie. Pour chacun, elle a proposé des aménagements susceptibles d’améliorer la solidité et le confort, particulièrement face aux extrêmes climatiques : mortier de terre, chaînages verticaux, raidisseurs, isolation de l’enveloppe, joints de dilatation, brasseur d’air, etc. Peu connu, le recours aux BTC pourrait être pratiqué, sous réserve d’acceptabilité locale, dans de nombreuses villes tropicales confrontées à une urbanisation galopante.
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L'avis du jury du HERA Award Sustainable Architecture 2025
Dans son mémoire, Marie Hervier étudie la brique de terre comprimée et son potentiel pour répondre aux enjeux de l’expansion urbaine à Ouagadougou. Elle propose une solution concrète et innovante afin d’utiliser la terre crue dans la structure porteuse des bâtiments. Ses résultats valident scientifiquement la pertinence d’utiliser ce matériau traditionnel, pourtant délaissé au profit du béton.
Le jury considère l’enjeu de ce travail comme crucial et félicite l’autrice d’avoir relégitimé une technique vernaculaire. Si le jury regrete que l’autrice ne questionne pas l’utilisation d’un liant peu durable (ciment) dans les briques de terre comprimée, il considère que les solutions proposées (construction d’immeubles) répondent amplement à l’enjeu environnemental que constitue la densification des villes africaines.
Le jury félicite en outre l’autrice pour la méthodologie employée et plus généralement, pour la grande rigueur de son travail. Les résultats de son étude de matériaux offrent des solutions concrètes, innovantes et directement exploitables, voire transposables à d’autres contextes que celui du Burkina Faso. Le jury estime utile de diffuser ce travail, notamment auprès des prescripteurs des constructions urbaines en Afrique, puisqu’il documente une technique qui gagnerait à être plus largement utilisée.
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Shady Attia est ingénieur civil architecte. Spécialisé en architecture durable, technologies de construction et bâtiments à énergie positive, il est professeur à l’ULiège.