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HERA - Higher Education & Research Awards Environnement

La protection des relations avec la nature dans l’expérience néo-zélandaise pour modifier notre regard sur le droit de l’environnement

Basé sur une approche interdisciplinaire (droit, philosophie, anthropologie), le travail de Pierre Walckiers questionne la perspective naturaliste qui, en distinguant la nature de l’humanité, caractérise la conception ontologique de la nature en Occident et, de là, le droit de l’environnement. En mobilisant Bruno Latour et Philippe Descola, l’auteur analyse les failles du naturalisme, notamment la perpétuation d’une vision colonialiste au nom d’un universalisme impérialiste. Il propose ensuite une alternative : le « droit des relations », destiné à protéger non pas seulement la nature mais toutes les relations que l’être humain peut entretenir avec elle. Il confronte ce cadre théorique à la loi Te Awa Tupua votée en mars 2017 par le parlement néo-zélandais, qui accorde la personnalité juridique à un « tout indivisible » liant le fleuve Whanganui, la communauté maorie et divers éléments physiques et métaphysiques. Il explique enfin que ce prisme juridique est mobilisable dans d’autres systèmes juridiques, par exemple le droit belge (accès à la terre, etc.).

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> Intervention de Pierre lors du webinaire, à partir de 43:08 :

L'avis du jury du HERA Award Sustainable Law 2022

Le jury félicite Pierre Walckiers pour son mémoire passionnant, remarquablement écrit et empreint d’une grande maturité. S’appuyant sur une compréhension fine de concepts complexes (naturalisme, animisme, droit des communs), à la croisée de la philosophie, de l’anthropologie et du droit, la proposition de l’auteur est dotée d’un réel potentiel prospectif sur le plan juridique (entre autres grâce à l’étude du cas néo-zélandais), et notamment notarial. Son idée de recentrer le droit sur la relation plutôt que sur le vivre ensemble pourrait en effet révolutionner la manière de penser et de pratiquer le droit : comme le suggère l’auteur, le prisme du « droit des relations » pourrait être utile pour des outils comme l’obligation réelle environnementale, le droit de propriété et l’accès à la terre agricole.
D’un point de vue sociétal, cette approche du droit décentrée de l’humain seul pourrait contribuer à un apaisement des relations entre humains et non-humains et à la construction d’intérêts mutuels.

Pierre Walckiers a terminé un master en droit à la faculté de droit et de criminologie de l’ULB et un master en philosophie à l’UCLouvain en juin 2021. Il réalise actuellement un master complémentaire en études européennes interdisciplinaires au Collège d’Europe à Natolin (Pologne).

Pr. Chiara Armeni est professeure de droit de l’environnement à la faculté de droit et criminologie de l’ULB. Elle est docteure en droit de l’University College London (Royaume-Uni). https://cde.ulb.be/en/member/chiara-armeni/
Dr. Christine Frison est chargée de recherches FNRS à l’Institut pour la recherche interdisciplinaire en sciences juridique de l’UCLouvain