Nominée HERA Award Sustainable Architecture
Maëva Soulé a développé un projet de reconversion globale d’une friche minière (à Lens-Liévin, Hauts de France) en une ferme urbaine nourricière et participative, articulée autour principe « Du champ à l’assiette ». Loin de se limiter à la simple redéfinition spatiale et fonctionnelle des anciens bâtiments industriels, son projet développe une vision systémique intégrant relocalisation alimentaire, économie circulaire et inclusion socio-économique en réponse à la fragilisation historique de la région. L’accent est mis sur la valorisation des ressources et des savoir-faire locaux. Ainsi, les anciennes voies de chemin de fer du site (les « cavaliers ») sont reconverties en réseau de mobilité douce, les briques récupérées lors de la démolition des anciens corons sont réutilisées dans des constructions neuves, la paille est utilisée pour la construction en bottes de paille posées « sur chant », etc. Le projet, qui comporte également des dimensions éducatives et pédagogiques, a pour ambition d’inspirer d’autres initiatives de reconversion industrielle en France ou ailleurs.
L'avis du jury du HERA Award Sustainable Architecture 2026
Dans un contexte où la mondialisation, l’expansion urbaine et l’agro-industrie ont peu à peu rompu notre lien au vivant, à la terre et à celles et ceux qui la cultivent, le mémoire de Maëva Soulé entend réintégrer l’agriculture au cœur des dynamiques urbaines en transformant un ancien site minier en lieu durable, résilient et solidaire, favorisant l’accès à une alimentation saine et locale.
Le jury s’est montré très enthousiaste face à ce travail, dans lequel la vision systémique et la soutenabilité sont bien présentes, tant dans la partie théorique du mémoire que dans le projet d’urbanisme développé par Maëva Soulé pour illustrer son propos. Le jury a également apprécié la co-construction du projet avec les habitant·es et les entreprises locales.
Issue d’une famille d’agriculteurs, l’autrice a par ailleurs mis beaucoup de cœur et un profond engagement dans l’étude de son sujet et démontré une bonne maîtrise des enjeux liés au secteur.
Le jury a apprécié les solutions concrètes amenées par le mémoire, et ce avec un réel souci pédagogique. Le projet pourrait ainsi être lancé rapidement et son approche pourrait se répliquer sur d’autres sites. Le jury pense que ce type de proposition est parfaitement opportun pour amener du changement et faire évoluer les mentalités.
Le jury constate que de nombreux mémoires d’architecture s’emparent du sujet de l’alimentation durable et proposent des projets concrets dans la même veine. Cette tendance répond à une urgence actuelle, de reconnexion des acteur·ices au territoire. Elle permet aussi de redéfinir le rôle de l’architecte face aux enjeux de sociétés contemporains, comme le fait si judicieusement Maëva Soulé.