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HERA - Higher Education & Research Awards Agriculture & Ruralité, Alimentation

Éclairage sur l’activité de multiplication de semences potagères populations biologiques, les modèles technico économiques et son développement en Wallonie

Le travail de Julian Martens porte sur le community based breeding, c’est-à-dire le système semencier de « semences populations », alternatif au système semencier industriel de type Hybrides F1. Il se concentre particulièrementsur les individus dont l’activité professionnelle, en Wallonie, consiste à multiplier les semences potagères populations pour les entreprises Cycle en Terre et Semailles. Après avoir analysé cette activité en lien avec le maraîchage et l’entreprise semencière, Julian Martens a identifié trois modèles technico-économiques de multiplicateur·rices (maraîcher·es multiplicateur·rices, multiplicateur·rices et institutions publiques) en fonction des motivations de leurs acteur·ices, du nombre d’équivalents temps plein, de la superficie et du nombre de variétés cultivées, du chiffre d’affaires, etc. Il a mis en évidence différents freins (techniques, financiers, organisationnels...) à l’essor de cette filière et proposé diverses améliorations dans le contexte d’une transition vers un système agroécologique biodiversifié durable et équitable.

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L'avis du jury du HERA Award Sustainable Food Systems 2024

Julian Martens a réalisé son mémoire sur la diversité génétique des semences, mettant en évidence l'utilisation prédominante des Hybrides F1 dans les régions industrialisées. Bien que ces semences homogènes soient adaptées à une production mécanisée standardisée, leur manque de diversité génétique les rend vulnérables aux changements climatiques. Le mémoire se concentre sur les entreprises semencières potagères qui privilégient les variétés populations, des variétés issues de la multiplication par pollinisation libre. Ce sont des semences potagères caractérisées par leur diversité génétique naturelle, favorisant l'adaptabilité des plantes à différents environnements et contribuant à la préservation de la diversité génétique des cultures. L’auteur explore les modèles existants en Wallonie et évalue l'opportunité économique pour les maraîchers d'intégrer la multiplication de ces semences. Le jury félicite la qualité de ce mémoire, saluant son approche transversale et innovante. La proposition d'un modèle alternatif pour les semences, associée à la déconstruction du monopole existant, démontre une vision audacieuse et la volonté de répondre aux défis actuels. Les membres du jury soulignent la pertinence de la diffusion du sujet, souvent méconnue du grand public. La connaissance approfondie du système actuel, les pistes de solutions identifiées, et la nécessité de développer la recherche sur les semences sont autant d'éléments qui ont captivé l'attention du jury. En mettant en lumière la proximité avec le terrain wallon et l'invitation à repenser la souveraineté alimentaire mondiale, le mémoire propose une approche systémique cruciale, incitant à une réflexion approfondie sur les enjeux de la diversité génétique des semences.

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Julian Martens a terminé son master de bioingénieur en sciences agronomiques à la faculté des bioingénieurs de l’UCLouvain en juin 2023.

Philippe Baret est professeur à la faculté des bioingénieurs de l’UCLouvain et membre de l’équipe Sytra.

Clémentine Antier est chargée de recherchedans l’équipe Sytra (Transition of Food Systems) du Earth and Life Institute de l'UCLouvain.