Lien avec la Fondation

HERA - Higher Education & Research Awards Environnement, Materiaux & Déchets

Étude de la bioremédiation par micro-organismes de sols pollués aux métaux et aux HAP

Florence Bridoux a étudié en laboratoire deux méthodes de bioremédiation destinées à répondre aux problèmes de pollution des sols : la bioaccumulation des métaux lourds et la biodégradation des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Pour ce faire, elle a eu recours à la bactérie Pseudomonas putida, un mélange de micro-organismes utilisé à Fukushima et quatre champignons (Pleurotus ostreatus, Trametes versicolor, Phanerochaete chrysosporium et Macrolepiota rhacodes). Grâce à des méthodes de chimie analytique, elle a suivi dans le temps l’évolution de la concentration en polluants dans des échantillons de sols pollués provenant d’un centre de traitement des terres wallon. Elle a également caractérisé les sols d’un point de vue lithologique, granulométrique et organique. Ce travail lui a permis d’identifier les micro-organismes et les champignons les plus efficaces pour bioaccumuler les métaux et/ou biodégrader les HAP. Son travail plaide, notamment, en faveur d’une dépollution des sols directement sur site.

A télécharger :

L'avis du jury du HERA Award Sustainable Engineering 2024

Le mémoire de Florence Bridoux a beaucoup plu au jury, notamment parce qu’il nous reconnecte aux enjeux environnementaux et sanitaires liés au sol, ainsi qu’à ses multiples apports, dont notre société est en réalité très détachée. Le travail de Florence permet de constater que, malheureusement, la problématique de la dépollution des sols a peu évolué ces dernières années. Dans ce contexte, sa proposition de bioremédiation, qui montre une réflexion très aboutie sur le cycle de vie, pourrait contribuer à la progression des méthodes de traitement biologiques des sols, moins énergivores, financièrement abordables et durables. Le jury salue la rigueur, l’accessibilité et la qualité d’écriture du mémoire, qui pourrait être lu et compris par tout le monde et qui mérite l’attention du public. Il regrette néanmoins que le caractère systémique, inhérent à la thématique de la pollution des sols, ne soit pas davantage mis en valeur (impacts sociaux, économiques, etc.) et que l’état de l’art ne montre pas plus de liens, de synergies possibles entre la proposition de Florence et d’autres technologies existantes et éprouvées (biobase, ensemencement), également basées sur l’utilisation du vivant.La réflexion de société finale,qui soulèveles questions de la robustesse et de l’effet rebond,a été particulièrement appréciée par le jury, car Florence y exprime la conscience des limites de son propre travail. Le jury se réjouit de voir l’impact futur de ces recherches.

A télécharger :

Florence Bridoux a terminé son master d’ingénieure civile des mines et géologue à la faculté polytechnique de Mons, à l’UMONS, en juin 2023.

Pascal Goderniaux est professeur à la faculté polytechnique de Mons. Il enseigne et fait des recherches en hydrogéologie appliquée et ressources en eau souterraine.

Anne-Lise Hantson est professeure à la faculté polytechnique de Mons. Elle y enseigne la chimie organique, analytique et les bioprocédés.