Tablettes, smartphones, écrans plats : un outil d'achat pratique pour lutter contre l'épuisement des ressources.
Avec l'émergence des smartphones, tablettes et autres écrans plats, les technologies dites "nouvelles" de l'information et la communication (TIC) connaissent un essor sans précédent depuis une bonne dizaine d'années. Ces nouvelles technologies ont cependant des impacts considérables sur les matières premières, notamment métalliques. Le travail de David Junot a consisté à mettre au point un indicateur de durabilité relatif aux métaux rares intervenant dans la fabrication de ces équipements. L'étudiant a d'abord dressé la liste exhaustive des métaux critiques concernés. Il a ensuite appliqué une liste de critères de durabilité à ces métaux : durée de vie du produit, énergie consommée lors de l'extraction et criticité. Ce dernier critère a pris en compte non seulement le poids économique respectif de chaque métal, mais aussi divers risques liés à des difficultés d'approvisionnement (production minière monopolistique, taux de recyclage bas, substitution difficile, etc.). L'indicateur mis au point par David Junot accorde à chaque équipement une note graduelle allant de 0 à 10. David Junot l'a appliqué au smartphone, à la tablette tactile et à l'ordinateur portable, mettant en évidence le caractère plus problématique de certains métaux : palladium, tantale, indium et, dans une certaine mesure, cobalt. Associé au constat de non-respect des droits de l'homme (problématique dite des "minerais du sang"), ces conclusions plaident en faveur d'une sobriété matérielle plus appuyée des TIC.
L’avis du jury du Master’s Thesis Award - Sustainable IT 2019:
"Le jury a apprécié ce travail fouillé et bien structuré, qui se base sur des données détaillées pour proposer une méthodologie de mesure d’impact environnemental pour les métaux utilisés dans les technologies de l’information. L’étudiant propose de mettre une note relative à l’empreinte écologique selon le type d’appareil. Cela permettrait de conscientiser le producteur et le consommateur et de donner à ce dernier un réel outil pour plébisciter un produit sur le marché. Le jury a apprécié l’aspect concret de la démarche. Il encourage cependant l’étudiant à ne pas laisser de côté les questions sociales liées à l’extraction des ressources métalliques. Le travail ouvre des pistes de recherche intéressantes, notamment vers un indicateur qui permettrait de différencier les marques d’appareil."
Wouter Achten est Professeur en gestion environnementale à l’IGEAT, au sein du département géosciences, environnement et société de la faculté des sciences (ULB).