Gestion durable des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) : perceptions des consommateurs à l’égard des appareils électroniques revalorisés
Reconditionnement, réparation, remise à neuf, ré-usinage... Il existe de nombreuses manières de revaloriser les appareils électriques et électroniques (conçus pour durer 6 ans, les smartphones, par exemple, sont utilisés en moyenne 18 mois...). Juliette Doyen a voulu connaître la façon dont cette revalorisation est perçue par les consommateur·rices (freins, appréhensions, incitants...). Elle a d’abord interviewé 14 personnes ayant eu une expérience d’achat avec un appareil électronique revalorisé. Ces rencontres lui ont permis d’élaborer 9 hypothèses qu’elle acherché à valider par un questionnaire en ligne. Les 150 réponses analysées l’ont amenée à énumérer divers constats utilisables par les vendeur·euses de tels équipements. Parmi ceux-ci, l’importance d’une communication transparente et proactive auprès des client·es potentiel·les sur les traitements effectués sur leurs appareils et l’importancede laisser aux client·es la possibilité de les voir et les tester. La question de l’achat en ligne ou en magasin physique est discutée en fonction de ces résultats.
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L'avis du jury du HERA Award Sustainable Behaviour 2024
Le jury salue le mémoire de Juliette Doyen, qui propose un travail abordant de manière exhaustive les freins et les leviers à l’adoption de pratiques durables dans le cadre du traitement et de la gestion des déchets électroniques, mettant en avant la question de la revalorisation et de l’économie circulaire. En effet, l'accélération de l'innovation technologique entraîne une augmentation significative des déchets électroniques, comportant des risques environnementaux et sanitaires. L’autrice est félicitée pour son exercice de modélisation, rappelant le modèle COM-B qui s’appuie sur les motivations, les opportunités et les capacités à adopter le comportement. Son analyse explore également les freins tels que la perception, l’entretien et l’inquiétude du manque d’efficacité de la revalorisation de produits électroniques. Le jury exprime son enthousiasme quant à l’applicabilité de son outil dans l’industrie et dans d’autres secteurs (automobiles, textiles, etc.). C’est également un travail précieux pour des enseignes qui souhaiteraient mettre en place des programmes d’appareils revalorisés. En guise de perspective, le jury invite l’autrice à explorer davantage les implications de ce changement de consommation, notamment en proposant des pistes d’actions pour lever les barrières culturelles et de statut social relevées dans son questionnaire. Pour la suite, les membres du jury seraient très intéressés à ce que les futur·e·s candidat·e·s puissent étendre ce type de recherche à d'autres domaines, comme les anciennes voitures, le textile de seconde main, etc. Le jury encourage également l’étude des éventuels effets rebond liés à la revalorisation des appareils : est-ce que ces appareils sont achetés à la place de nouveaux appareils, ou est-ce qu’on les achète en plus des nouveaux, augmentant ainsi le nombre d’appareils électriques et électroniques en circulation ?
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François Fouss est professeur à la LSM et est rattaché au Louvain Research Institute in Management and Organizations (LouRIM).
Emmanuel Mossay est directeur de la recherche et de l’innovation sociale chez EcoRes et professeur invité à l’UCLouvain, l’UNamur, l’UCly et la Henallux.