Le projet ANKAA à Athènes : développer les compétences des migrants, leur planche de salut ?
Le travail de Line Didelot s’inscrit dans le contexte de l’afflux de migrants qu’a connu la Grèce ces dernières années. Engagée dans l’accueil de ceux-ci depuis 2016, Line Didelot a fondé en 2018, avec quatre autres bénévoles, une association sans but lucratif de droit luxembourgeois destinée à aider les migrants à définir un projet professionnel susceptible d’œuvrer à leur intégration dans la ville d’Athènes. Baptisé « ANKAA Project », ce projet – une entreprise sociale – a la particularité de se construire à chaque stade dans une dynamique participative et inclusive à l’égard tant des migrants eux-mêmes que des partenaires extérieurs (employeurs, autres associations, particuliers, etc.). A travers une offre de formations professionnelles et linguistiques, l’objectif consiste à permettre aux migrants de se forger un projet de vie à la fois digne et viable sur le plan économique dans la société grecque. L’autonomie financière n’est pas la seule visée. ANKAA veut également promouvoir le bien-être physique et mental des migrants à travers divers ateliers et leur participation à divers réseaux susceptibles de les aider à devenir eux-mêmes formateurs dans leurs disciplines respectives (couture, coiffure, informatique…). Sur le plan matériel, l’accent est mis sur l’utilisation de matériel de récupération, la production d’aliments sains et locaux, le recours au compostage, etc. L’objectif ultime d’ANKAA consiste à déconstruire l’image de « pauvres » ou d’«assistés » accolée aux migrants dans le contexte d’une société grecque durement secouée par la crise financière.
L’avis du jury du Master’s Thesis Award - Cooperative Sustainable Economy 2019:
"Le jury applaudit ce mémoire engagé et concret ainsi que l’implication forte de l’étudiante sur un enjeu majeur. Le travail est orienté vers la recherche de solutions et met en évidence de bonnes pratiques. Le jury souligne l’importance de la co-construction et de l’intégration des parties prenantes, dans un secteur qui peut avoir tendance à s’orienter vers des mécanismes de contrôle et d’assistance."
Catherine Dal Fior est Maître-assistante à l’ICHEC où elle enseigne la gestion de projets et coordonne le Sustainability Challenge. Elle est également chercheuse en entrepreneuriat en Afrique au sein du CES (Centre d’Économie Sociale) de l’ULiège.