Depuis 2005 à Bruxelles, l’association Infirmiers de rue utilise l’hygiène comme porte d’entrée de la reconstruction des personnes sans-abri en vue de leur relogement et de leur réinsertion sociale.

Santé

Depuis 2005, l’ASBL Infirmiers de rue (IDR) réinsère par l’hygiène les personnes sans-abris et vise la fin du « sans abrisme » dans la capitale. Des équipes d’infirmiers se rendent directement au contact des personnes fragilisées vivant dans la rue depuis très longtemps.

Leur travail se base sur la prévention et l’éducation à la santé. Pour IDR, l’hygiène est un baromètre de l’estime de soi, porte d’entrée d’une reconstruction progressive devant aboutir au relogement du sans-abri. L’action de l’association se prolonge donc par le relogement des personnes sans-abris et le suivi de leur retour à une vie sociale et solidaire.

Au départ du projet, deux infirmières bénévoles convaincues de la réinsertion possible des sans-abri, constataient que certaines personnes de santé précaire étaient dépourvues de réseau et complètement délaissées par la société.

Cette perte de contact impliquait une forte augmentation des risques sanitaires pour ces personnes fragilisées. Elle hypothéquait aussi leur réinsertion sociale et leurs chances de retrouver un logement.

Pour IDR, si l’on veut mettre un terme au sans-abrisme il faut rétablir les liens avec les services de soins et les services administratifs, et agir à tous les niveaux avec les associations qui sont confrontées à cette problématique. IDR intervient ainsi dans la phase préventive - au travers de ses formations pour les aides à domicile - ainsi que dans la réinsertion professionnelle.

Aujourd’hui, une équipe pluridisciplinaire de 18 personnes emploie des professionnels expérimentés et diplômés, issus en majorité du monde médical et de l’aide sociale et juridique. IDR  dispose aussi d’une équipe dont le travail consiste à encourager la création de logements permettant l’insertion de personnes fragilisées.

L’équipe logement travaille en parallèle avec d’autres infrastructures, associations, citoyens ainsi que le monde politique pour atteindre ses objectifs de changement. Par cette implication généralisée de chacun à son échelle, la fin du « sans abrisme » devient envisageable.

IDR propose des formations et des séries d’outils qui peuvent donner les moyens de réagir à la présence de sans-abris, de façon positive, chacun à son niveau et en fonction de ses possibilités (exemple : La STIB). Ceci permet à IDR de rapidement prendre le relais et aux personnes de maintenir le lien qui a pu se créer avec la personne sans-abri.

Selon IDR, si tout le monde se coordonne bien et s’implique réellement, la suppression du sans-abrisme peut se réaliser dans un délai de 5 à 10 ans à Bruxelles.

PLANET
Le souci de l’environnement et du développement durable figure parmi les principes énoncés dans la charte de l’association. En pratique, les équipes se déplacent à pied, à vélo ou en transport en commun. Parmi les actions directement liées à un mode de vie durable, IDR a publié un « plan des fontaines » d’eau potable. L’association limite la production de déchets, utilise des produits biologiques et gère un compost de table en interne avec ses propres maîtres-composteurs. Autre idée, le frigo dans la cuisine de l’équipe contient une planche « Robin des Bois » pour favoriser le partage des aliments entre tous les collègues. 16 personnes viennent travailler en vélo ou en transport en commun. Les déplacements en voiture sont limités : l’équipe utilise Cambio, le système des voitures partagées.

PEOPLE
IDR vise la suppression du sans-abrisme en favorisant la réintégration sociale des personnes au travers de l’hygiène et du relogement. Aujourd’hui plus de 80 personnes ont retrouvé un logement et une vie sociale. Avec l’aide de tous, éradiquer le sans-abrisme est possible à Bruxelles.

PROSPERITY
L’action vise le relogement définitif des personnes fragilisées. Tout est mis en œuvre avec les propriétaires et les institutions sociales pour garantir un maintien de la personne dans son logement. IDR travaille avec des agences immobilières sociales et la société Inclusio pour obtenir des logements dans des bâtiments privés réservés à un public précarisé. La grande précarité engendre des coûts importants pour la société. Les personnes sans-abri sont plus vite et plus souvent malades et leurs affections ont tendance à devenir chroniques. Par son action IDR améliore l’hygiène et la santé des personnes, facilite leur accès aux soins et leur donne un cadre de vie favorable à leur santé, assurant ainsi le maintien dans leur logement.

PARTICIPATION
Le monde politique est directement interpellé pour aider au relogement. Aujourd’hui, il est devenu partie prenante du projet dans toutes les communes de l’agglomération bruxelloise. C’est en rappelant la nécessaire création de logements sociaux que l’association implique le monde politique dans l’action et lui permet de favoriser son travail de terrain au quotidien.

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