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HERA - Higher Education & Research Awards Architecture, Construction & Aménagement du Territoire, Materiaux & Déchets

Intégrer des éléments de réemploi dans la construction neuve : agir pour demain

Partant du constat que les constructions neuves intégrant des matériaux réemployés sont rares voire inexistantes et que le secteur de la construction émet près de 40% des gaz à effet de serre, Amandine Bodenghien a cherché à quantifier le bénéfice environnemental du réemploi dans ce secteur. À partir d’un cas d’étude (le bâtiment Retrival à Charleroi, composé de bureaux et de hangars), elle a modélisé cinq scénarios basés sur un taux de réemploi différent, les matériaux visés étant cherchés sur les plateformes d’économie circulaire. Il en ressort que l’impact environnemental de ce secteur peut être considérablement amoindri. Il est possible, par exemple, d’obtenir un taux de réemploi en volume de 47% à 57 %, ce qui permet de diminuer de plus de 50 % l’impact environnemental d’une construction neuve. Son travail identifie également les freins au réemploi dans le secteur, tout en formulant des recommandations : glanage de matériaux sur les plateformes, introduction d’un taux minimum de réintégration de matériaux de réemploi, etc.

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L'avis du jury du HERA Award Sustainable Architecture 2024

Le mémoire d'Amandine Bodeghien examine l'impact environnemental de l'utilisation maximale de matériaux de réemploi dans la construction neuve, en réponse aux enjeux environnementaux européens. La recherche, basée sur un cas d'étude et une méthodologie comparative, démontre qu'un taux de réemploi de 57% peut réduire de moitié l'impact environnemental par rapport à une construction totalement neuve. L’autrice propose un scénario utopique avec un taux de réemploi de 100% qui offre un bénéfice environnemental de 69% par rapport au cas d'étude. Le jury a apprécié la pertinence de cette recherche face aux enjeux majeurs de l'utilisation des matériaux de réemploi dans la construction. Le travail est considéré comme un précieux "mode d'emploi", recensant les outils existants et offrant une utilité pratique aux futur·e·s propriétaires engagé·e·s dans des projets de construction. Le mémoire a été reconnu pour sa qualité scientifique, sa méthodologie et sa cohérence. La perspective de légiférer et rendre obligatoire, un certain pourcentage de réemploi de matériaux dans la construction, a été considérée comme une piste intéressante. Les membres du jury, soulignant l’importance de prendre en compte les dimensions sociale et économique dans l’architecture, présentent le mémoire d'Amandine Bodenghien comme un exemple permettant d'illustrer ces aspects. En effet,pour que la méthode soit utilisée par les citoyen·ne·s, il est primordial de prendre en compte leur avis ainsi que de mesurer les coûts-bénéfice en montrant que l’utilisation des matériaux réemployés est économiquement raisonnable.

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Amandine Bodenghien a terminé son master d’ingénieure civile architecte à LOCI Louvain-la-Neuve (faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale,  d’urbanisme de l’UCLouvain) en septembre 2023. Elle suit actuellement une formation de BIM modeleur/coordinateur.

André Stephan est professeur à LOCILouvain-la-Neuve. Il est spécialisé dans la performance environnementa le et le design paramétrique.

Dorothée Stiernon est architecte, assistante d’enseignement et doctorante à LOCI Louvain-la-Neuveet chercheuse au Louvain Research Institute for Landscape, Architecture, Built Environment.