Burn out à l’hôpital : la justice dans l'organisation, une lance d'incendie pour les médecins et les infirmiers qui se consument dans leur travail.
Le travail de Walter Giordano part du constat que la pression induite par la productivité du personnel soignant hospitalier entraîne un nombre croissant de cas d’épuisement professionnel. Or, contrairement à ce qu’espérait le législateur à la fin des années nonante, les dispositions légales adoptées face à cette problématique ne suffisent pas à prévenir efficacement ce genre de situations. L’étudiant a donc mobilisé le concept de « justice organisationnelle » comme ressource professionnelle susceptible de diminuer les cas de burn out en hôpital. Après avoir décrit les quatre dimensions de la justice organisationnelle (justices distributive, procédurale, informationnelle et interpersonnelle), il a exploré la littérature scientifique traitant des liens potentiels entre la perception de justice organisationnelle par le personnel et le développement du syndrome d’épuisement professionnel. Il a ensuite formulé une série d'hypothèses qu’il a testées par questionnaire empirique auprès de trois catégories professionnelles (chirurgiens, anesthésistes et infirmiers) actives au sein du bloc opératoire de l’hôpital Ambroise Paré à Mons (CHU). Cet angle de recherche lui a permis de formuler certaines suggestions destinées à diminuer les risques d'épuisement professionnel, par exemple le renforcement du sentiment de justice distributive exprimé par le supérieur hiérarchique direct.
L’avis du jury du Master’s Thesis Award - Sustainable Health 2019:
"Le lauréat s’attaque dans son mémoire à un enjeu de société majeur, en propose une analyse fine et rigoureuse, et dégage des pistes applicables, simples et transposables dans de nombreux autres contextes. Le travail relève l’importance première des aspects humains, sociaux, collaboratifs et organisationnels pour répondre aux défis d’avenir, face aux solutions purement technologiques. Le jury a également apprécié que le mémoire mette en avant des dimensions plus difficilement traitées dans les mémoires en santé : la gouvernance et l’approche participatives. La thématique traitée ainsi que l’approche résolument holistique permettent de souligner que la « soutenabilité » va bien au-delà des aspects environnementaux et écologiques et que les enjeux sociaux, notamment de santé mentale, sont également cruciaux et doivent être au centre des préoccupations. Enfin, le jury note l’effort du lauréat pour rendre son sujet accessible au plus grand nombre."
Marine Janiczek est chercheuse-doctorante à l'institut de recherche santé et société de l'UCLouvain. Ses domaines d'intérêt portent sur les comportements organisationnels et la psychologie des organisations. Sa thèse traite de l'influence de la justice organisationnelle sur l'engagement et le bien-être des employés en contexte de changement.