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L'Agriculture de Conservation : un levier socio-économique et environnemental pour l'agriculture de demain

Encore peu pratiquée en Belgique (268 hectares en Belgique en 2013 selon la FAO), l'Agriculture de Conservation (AC) repose sur la réduction du travail du sol, la couverture permanente de celui-ci et la diversification des espèces cultivées. Malgré un potentiel de rendement similaire à l'agriculture conventionnelle et sa contribution à des objectifs tant environnementaux (réduction des émissions de gaz à effet de serre, augmentation de la biodiversité, etc.) que sociaux (bien-être des agriculteurs, reconnexion au tissu rural non-agricole, etc.), elle reste peu connue et relativement ignorée par la recherche scientifique. Le travail de Jérôme Braibant et Max Morelle a consisté, à travers la rencontre d'une quarantaine d'acteurs de l'AC, à dresser une typologie de celle-ci en Wallonie. Ils ont ensuite identifié et analysé les facteurs favorisant ou verrouillant l'adoption de l'AC. Parmi ceux-ci : les caractéristiques géomorphologiques de la région dite de "grandes cultures wallonnes" mais aussi des facteurs plus humains propres aux agriculteurs (aversion au risque, perception des innovations, etc.). Leur étude suggère deux voies principales d'amélioration possibles (techniques et systémiques). Elle indique, plus globalement, que la recherche sur l'AC semble être en retard sur les pratiques déjà opérationnelles sur le terrain.

L'avis du jury Master's Thesis Award for Future Generations - Sustainable Food Systems:

"Le jury salue ce travail qui allie des aspects très techniques et des questions sociales. Les auteurs s’appuient sur une enquête de terrain importante. En analysant les freins au chan-gement de pratiques, les auteurs mettent en évidence des éléments qui peuvent s’appliquer à toutes les nouvelles manières de cultiver : leurs résultats peuvent s’appliquer au-delà de l’agriculture de conservation. Le travail a un impact potentiel et une mise en pratique est envisageable. Par leur démarche, les auteurs mettent en avant l’importance de la collabora-tion entre chercheurs, techniciens et agriculteurs."

Max Morelle et Jérôme Braibant ont terminé leur master en bio-ingénierie (sciences agronomiques) à l'UCLouvain en juin 2018.

Max Morelle (droite) travaille au CRA-W (Centre de Recherches Agronomiques de la Wallonie).

Jérôme Braibant (gauche) travaille dans l'entreprise agricole GreenFarm Pierard SPRL.

 

Philippe Baret est Doyen de la faculté de bio-ingénierie de l'UCLouvain. Il est professeur d'agro-écologie.

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