Navigating Adversity and Uncertainty: A Qualitative Study on The Resilience Process Among Undocumented Migrant Women in Belgium
Le travail de Hasna Taous Khammoume explore la résilience des femmes migrantes sans papiers (FMSP) en Belgique, à travers une approche socio- écologique et une analyse multidimensionnelle. Elle a participé à diverses activités organisées par quatre ASBL liégeoises qui accompagnent ce public, ce qui lui a permis de mener ensuite des entretiens semi-dirigés auprès de neuf de ces femmes. Cette analyse qualitative a mis en évidence la variété des contributions positives des FMSP à la société belge (formations, engagements communautaires, initiatives micro-entrepreneuriales), loin d’une présentation médiatique et politique qui trop souvent, homogénéise ce groupe social, voire le stigmatise. Son travail souligne également à quel point le statut d’irrégularité des FMSP découle davantage de barrières structurelles et d’inégalités systémiques que d’un non-respect des lois. Enfin, le travail souligne l’importance des ONG de la société civile et plaide pour une transparence accrue des critères de régularisation.
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L'avis du jury du HERA Award Sustainable Democracy 2025
Dans un contexte où les politiques migratoires sont de plus en plus restrictives et où le dérèglement climatique va contraindre de plus en plus de personnes à quitter leur pays, Hasna Taous met en lumière la résilience (à la fois individuelle et collective) de femmes migrantes sans-papiers en Belgique, un sujet qu’elle prend à bras-le-corps dans un travail presqu’ethnographique, empreint de beaucoup d’empathie.
Avec la question cruciale qu’il pose – comment mieux prendre en compte les voix singulières de ces personnes aux parcours si différents, actuellement exclues des prises de décisions ? –, ce mémoire élargit les frontières du champ d’application du prix, centré sur l’innovation dans les processus délibératifs au sein du régime politique. Le jury suggère d’ailleurs à l’autrice de creuser le sujet de l’intégration des femmes migrantes à la société via la participation citoyenne.
L’originalité du travail réside dans la démonstration de la contribution des femmes sans-papiers à la prospérité de la Belgique, sous un angle durable et communautaire : l’autrice insiste sur la participation des femmes migrantes à la vie économique, sur leur employabilité, leur motivation à suivre des formations professionnelles et linguistiques, etc. Cette approche est complémentaire aux analyses – plus fréquentes – construites autour de la défense des droits humains. Elle pourrait être enrichie par une étude des enjeux environnementaux.
Le jury souhaite visibiliser ce mémoire auprès du public et des décideur·euses, car il propose une remise en question de comment on inclut ces femmes migrantes. Selon lui, les administrations et cabinets gagneraient non seulement à s’imaginer à la place de ces personnes victimes de stéréotypes et vivant des situations de blocages et d’impasses juridico-administratives, mais également à imaginer des politiques publiques en conséquence.
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Elsa Mescoli est chargée de cours en anthropologie des migrations à la faculté des sciences sociales de l’ULiège, membre du CEDEM (centre d’études de l’ethnicité et des migrations) et du LASC (Laboratoire d’anthropologie sociale et culturelle).