« Prescription de la nature » par les professionnels de santé en maison médicale : exploration en région liégeoise des perceptions, freins et leviers de cette pratique innovante
Nolwenn Lechien a exploré les opinions des professionnel·le·s de santé de 7 maisons médicales liégeoises en matière de « prescription de nature » en complément aux traitements médicaux traditionnels. Bien connue dans certains pays asiatiques et anglo-saxons, celle-ci consiste en une ordonnance recommandant explicitement à un·e patient·e de consacrer du temps à une activité en lien avec la nature. 69 professionnel·le·s ont été entendu·e·s : médecins généralistes, infirmier·e·s, kinésithérapeutes, assistant·e·s sociaux·ales, personnel administratif et de santé communautaire, etc. L’accueil général réservé à cette démarche est très positif, notamment en raison de son accessibilité financière et des croyances positives des professionnel·le·s de santé sur le contact avec la nature. Il bute néanmoins sur divers écueils potentiels : scepticisme des patient·e·s, risques d’essoufflement, manque d’encadrement, etc. Pour y faire face, Nolwenn Lechien recommande la modularité des prescriptions de la nature, la reconnaissance du concept par la Région wallonne et l’INAMI, une formation pour les médecins généralistes, une campagne de sensibilisation...
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L'avis du jury du HERA Award Sustainable Health 2024
Le jury souhaite mettre en lumière le mémoire de Nolwenn Lechien, explorant les opinions des professionnel·le·s de santé sur la prescription de nature, une pratique innovante visant d’améliorer la santé physique et mentale des humains. Face à la diminution de l'exposition à la nature due à l'urbanisation, cette prescription aspire à reconnecter les individus à leur environnement naturel tout en les encourageant à le protéger. Le jury est séduit par la qualité de ce travail et se montre favorable par l’approche développée par l’autrice. Les membres du jury expriment leur enthousiasme pour cette méthode concrète pouvant faire évoluer le domaine médical et souhaitent qu’elle puisse continuer sa recherche dans un projet pilote. L'approche soutenable du mémoire est également félicitée, mettant en lumière que cette prescription ne nécessite pas trop d’investissement financier, mais plutôt un changement culturel. La méthodologie du mémoire est jugée intéressante à cet égard, car elle contribue à sensibiliser les praticiens et les patients aux implications de la prescription de nature. Les membres du jury apprécient également que le mémoire contienne une étude de terrain interrogeant des professionnelles de la santé venant de 7 maisons médicales liégeoises, ce qui ajoute une dimension de « participation » à l'exploration des freins et des leviers. Pour compléter l’étude, le jury suggère d'explorer également les perspectives des prescripteurs déjà convaincus de la méthode et des patient·e·s. De plus, ils recommandent d'envisager l'extension du projet aux médecins libéraux et d'analyser la mise en place de ce modèle en Belgique, tout en examinant les pays qui appliquent déjà cette technique, comme l'Angleterre.
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Laëtitia Buret est médecin généraliste, chargée de cours et directrice de l'unité de recherche soins primaires et santé, dans le département des sciences cliniques de la faculté de médecine de l’ULiège.