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Lauréat HERA Award Sustainable & Responsible Finance 2026

HERA Award Sustainable & Responsible Finance

Face aux risques climatiques, les entreprises d’assurance sont confrontées à l’éventualité d’inassurabilité de certains risques tout en étant elles-mêmes actrices de la transition, puisqu’à travers leurs portefeuilles d’investissement, elles orientent une part importante des flux financiers dans l’économie. Remi Vanwildemeersch a cherché à savoir à quelles conditions cette « double matérialité » pouvait devenir une ressource stratégique pour les compagnies d’assurance et non, comme c’est souvent le cas, une simple contrainte perçue à travers le prisme des obligations de reporting. Sur la base d’entretiens menés auprès de 7 expert·es du secteur et d’une analyse des premiers rapports Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), il a articulé deux cadres théoriques (l’isomorphisme institutionnel et la théorie des parties prenantes). Cela lui a permis de mettre en évidence 5 conditions majeures parmi lesquelles l’engagement des parties prenantes, la comparaison avec la concurrence et l’anticipation des intentions du régulateur. Pour les rendre plus facilement opérationnelles par le secteur concerné, il les a rangées en paliers progressifs.

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L'avis du jury du HERA Award Sustainable & Responsible Finance

Ce mémoire interroge comment la double matérialité peut devenir un outil stratégique pour les compagnies d'assurance, plutôt qu'une contrainte, en identifiant les facteurs concrets qui en facilitent la mise en œuvre.

Le jury a jugé le sujet original et très actuel : les compagnies d'assurance sont en première ligne face aux risques climatiques, ce qui rend la question de la double matérialité particulièrement pertinente pour ce secteur. Le jury a apprécié la complémentarité des sources mobilisées, notamment les entretiens d'experts et l'analyse des premiers rapports CSRD, la rigueur avec laquelle les résultats dialoguent avec la littérature et la clarté avec laquelle l'auteur explique des notions complexes. Les recommandations sectorielles ont particulièrement retenu l'attention du jury : concrètes, mesurées et solidement ancrées dans la littérature, elles sont directement utilisables par les professionnel·les du secteur. Il a également salué la qualité analytique du travail, qui aborde la finance durable avec un angle qui touche directement aux pratiques et aux risques du secteur. Enfin, l'auteur a mobilisé à la fois de solides connaissances et une réelle passion pour traiter son sujet, ce qui a plu unanimement au jury.

Le jury note que le mémoire aurait pu s'ouvrir sur la question de l'« insurance gap » et ses dimensions sociétales, même s’il reconnaît que le périmètre du travail ne permettait pas d’approfondir le sujet. Il recommande aux professionnel·les de l'assurance et aux régulateurs de s'appuyer sur ses conclusions pour engager concrètement l'intégration de la double matérialité dans leurs pratiques.