Quels sont les effets d’activités en éducation relative à l’environnement sur les connaissances de système liées à la biodiversité et à l’eau des élèves du primaire ?
Le travail d’Andy Jenniges s’ancre dans le contexte de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et s’intéresse, plus particulièrement, à la création d’outils d’évaluation clairs quant à l’efficacité des projets menés dans ce domaine en Fédération Wallonie-Bruxelles. Au sein d’un vaste programme de recherche entrepris avec divers acteurs associatifs et académiques, Andy Jenniges a étudié, à sept mois d’intervalle, l’évolution des connaissances dites « de système » (savoirs factuels) liées à l’eau et à la biodiversité de 539 élèves de 29 classes allant de la 4ème à la 6ème primaire. Le questionnaire développé a permis, entre autres, de mesurer des variables comme la motivation pro-environnementale des élèves, leurs valeurs, leurs comportements, leurs intentions, etc. Il a permis de corréler l’état des connaissances au genre des élèves, à leur niveau scolaire, aux comportements antérieurs et aux thématiques fines abordées. De tels résultats permettent aux associations actives dans l’ERE d’affiner leurs méthodes et de mieux en évaluer l’efficacité. Le travail souligne, notamment, l’importance des temps d’intervention courts dans l’ERE, de l’implication de l’instituteur·ice et des parents dans les programmes mis en œuvre.
A télécharger :
L'avis du jury du HERA Award Sustainable Education 2025
Le jury félicite Andy Jenniges pour son mémoire innovant et abordant un enjeu crucial et critique : celui de l’évaluation des activités en éducation relative à l’environnement. Dans son mémoire, l’auteur questionne l’effet de ces activités sur les connaissances de système relatives à la biodiversité et à l’eau – et donc plus largement sur l’efficacité de ces activités en termes d’influence sur les comportements écologiques des apprenant·es. Pour ce faire, il s’interroge sur le rôle du monde associatif face à l’institution scolaire dans le paysage éducatif et cherche non seulement à déterminer les effets des activités pédagogiques menées dans ce cadre mais également à proposer des indicateurs clairs sur l’efficacité des dispositifs mis en place et des pistes d’amélioration.
Le jury estime que l’auteur s’attaque à une problématique peu traitée et pourtant essentielle, l’évaluation étant souvent l’angle mort des politiques d’éducation au développement durable. Pour ce faire, un cadre théorique solide et interdisciplinaire est mobilisé, faisant le lien entre des concepts variés au-delà des sciences éducatives. La démarche adoptée par Andy Jenniges est particulièrement innovante et pertinente puisqu’il est parvenu à réunir les acteur·ices clés de cette problématique : associations actives dans l’éducation relative à l’environnement, élèves bénéficiaires et corps enseignant. Les données ainsi récoltées – selon un processus rigoureux et à relativement grande échelle – sont rares et précieuses pour comprendre finement ce qui entre en jeu dans l’efficacité des activités pédagogiques proposées. L’auteur trace dès lors la voie d’un cadre d’évaluation essentiel pour les dispositifs pédagogiques liés à l’éducation relative à l’environnement.
Le jury a été particulièrement interpellé par les conclusions de ce travail qui non seulement questionnent et critiquent en profondeur les pratiques pédagogiques mais offrent également des pistes de réflexion précieuses pour faire évoluer positivement ces pratiques et en améliorer les impacts effectifs. Les apprentissages que l’on peut tirer du mémoire ont des implications sur le travail de nombre d’acteur·ices de terrain et sur les concepteur·ices de stratégies et politiques éducatives. Le mémoire serait notamment inspirant d’une part pour les associations afin d’améliorer leurs pratiques et d’autre part pour les enseignant.es pour opérer des choix de formations, de thématiques et d’approches à destination de leurs élèves. Il apporte également des balises intéressantes pour guider la formation initiale et continue des enseignant·es dans ce domaine. Le jury encourage la diffusion de ce travail auprès de ces acteur·ices et la poursuite du travail afin d’aller encore plus loin en terme de recommandations.
A télécharger :
Benoît Galand est docteur en psychologie et professeur en sciences de l’éducation à l’UCLouvain.