TEJDID : Renouveau, reconstruction post-séisme au Maroc
Alice Rigaut s’est rendue plusieurs fois dans la région d’Al Haouz, au sud de Marrakech (Maroc), durement frappée sur les plans humain et matériel par le tremblement de terre de magnitude 7 (échelle de Richter) en septembre 2023. A partir d’entretiens, d’analyses, de lectures et d’observations propres, elle a proposé trois reconstructions antisismiques dans trois villages (Imi N’tala, Imzaine et Addouz) touchés à des degrés divers, en respectant le patrimoine existant ainsi que la culture locale. Elle a choisi des matériaux disponibles sur site tels que le bois et la pierre. Elle a également fait le choix d’intégrer dans chaque projet des espaces collectifs afin d’offrir un nouveau départ commun aux habitant·es : une laverie, une cuisine, un hammam, une école, un grenier ainsi qu’une bergerie. Tous participent au bien-être des habitant·es mais également à leurs systèmes économiques et socio-culturels. Ces trois projets se veulent des amorces à la reconstruction et de nouveaux départs pour les villages d’Al Haouz.
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L'avis du jury du HERA Award Sustainable Architecture 2025
Le mémoire d’Alice Rigaut aborde le défi de la reconstruction des villages touchés par le séisme du 8 septembre2023 au Maroc. Dans une approche systémique intégrant à la fois des enjeux humains, environnementaux, économiques et de gouvernance, et tout en tenant compte des contraintes techniques liées à la géologie des sites, l’autrice s’intéresse particulièrement à l’architecture des espaces collectifs.
Le jury a apprécié la narration et la démarche du mémoire : l’autrice y raconte son parcours presque initiatique au Maroc, à la rencontre des habitant·es sinistré·es. Le jury a ainsi eu l’impression de tenir entre les mains un livre ou même le scénario d’une conférence gesticulée et a pris beaucoup de plaisir à découvrir le texte. En outre, le récit personnel narré par l’autrice s’articule, dans un équilibre très réussi, à une analyse théorique approfondie des enjeux de reconstruction après un séisme. Les dessins sont par ailleurs clairs et la mise en page soignée, ce qui ajoute encore du plaisir à la lecture. Quant au projet architectural développé, le jury a trouvé les propositions concrètes et intéressantes.
Si le défi de la reconstruction est étudié ici à l’échelle locale, le jury pense que le travail revêt une dimensionuniverselle étant donné les risques accrus de catastrophes naturelles dans les années à venir. Le travail démontre la pertinence d’une architecture humaine pour répondre à ces enjeux, une architecture au service de celles et ceux qui en ont le plus besoin.
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Quentin Wilbaux est professeur émérite d’architecture à LOCI Tournai.
Eric Van Overstraeten est architecte, professeur et doyen de LOCI.