Montée des eaux, migrations climatiques... Une fiction post 2050 pour mieux conscientiser la population belge
L’art est une voie efficace de sensibilisation aux enjeux de montée des eaux et de migrations climatiques. Tel est le pari du travail de Marie Maréchal qui, dans un premier temps, a exploré la psychologie du changement et la perception de la population belge face aux enjeux environnementaux. Artiste et plongeuse sous-marine, elle a ensuite mis au point un dispositif basé sur le son et l’image, mettant en scène les conséquences d’un scénario postapocalyptique scientifiquement plausible dans une Europe d’après 2050. Ce dispositif est présenté dans un espace confiné évoquant la condition de réfugié climatique. Si l’accroche initiale est volontairement émotionnelle, elle a pour but ultérieur d’emmener le spectateur et la spectatrice vers un meilleur degré de conscientisation et, ensuite, vers l’adoption à long terme de comportements pro-environnementaux en harmonie avec ses valeurs et ses convictions propres. Baptisé « Vestiges submergés », le dispositif devrait être présenté au public en situation réelle courant 2022.
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> Intervention de Marie lors du webinaire, à partir de 00:37:48 :
L'avis du jury du HERA Award Sustainable Design 2022
Ce mémoire, porté consciencieusement et avec beaucoup d’enthousiasme par Marie Maréchal, a touché le jury avant tout par sa nature très personnelle, qui lui permet de se distinguer. L’exercice de la plongée, qu’elle pratique depuis son enfance, lui a donné l’idée d’aborder les conséquences du changement climatique sur la
montée des eaux et d’utiliser l’art et la photographie pour faire prendre conscience des risques, notamment en Belgique. Alors que, selon son étude, le risque de montée des eaux est mal appréhendé par la population, l’auteure livre un état des impacts potentiels d’une telle catastrophe sur le territoire belge. En plus de son travail d’enquête, de sa recherche détaillée, nuancée et critique, de sa liste des moyens de mobilisation citoyenne et de sa proposition artistique, le jury a été séduit par l’autocritique de l’auteure sur la portée de son projet. Il souhaite soutenir sa démarche, pour qu’elle poursuive son travail et tente de lier sa création artistique à la manière de conduire le·la spectateur·rice vers une réelle démarche d’acteur·rice engagé·e.
Célia Charbaut est enseignante à l’ESA Saint-Luc : psychologie, développement durable, actualité culturelle/société.