Une microbrasserie avant-gardiste qui s’inscrit dans une démarche respectueuse de l’environnement, de la société, de l’offre locale et de la qualité des produits.

Environnement, Industrie, Commerce & Horeca

La microbrasserie de Marsinne se situe à Couthuin, entre Namur et Liège, dans un splendide château-ferme. C’est là que Nicolas Declercq, Tanguy van der Eecken et leur équipe brassent la Léopold 7 dans une tradition des plus durables. Le processus est optimisé pour réduire les déchets au minimum et réaliser d’importantes économies d’eau et d’énergie. Mais la brasserie est également un atelier social où certains collaborateurs peuvent suivre une formation professionnelle. L’équipe est guidée par trois objectifs clairs : devenir la première microbrasserie neutre en CO2, demeurer à l’avant-garde du brassage durable et assurer la solidité de son avenir financier.

Une bière belge à l’histoire très riche

En 1866 déjà, un certain Léopold, fils d’une famille de brasseurs, brassait une bière unique dans le château-ferme de Marsinne, à Couthuin. En 2012, Nicolas Declercq, ingénieur-brasseur passionné, et Tanguy van der Eecken, agronome à la fibre écolo, décident de poursuivre cette tradition. Les premières installations sont inaugurées en 2013 et la Léopold 7 reçoit un prix Best New Beer. Son nom fait référence à ses ingrédients de base : trois céréales, trois types de houblon et « la touche Léopold ». Ambitieuse, la brasserie de Marsinne n’en reste pas moins pragmatique et fidèle à son projet. « Notre point de référence, “10 ans d’avance”, traduit l’avènement inéluctable d’un monde plus durable et plus social pour lequel nous souhaitons nous investir à 100 % », fait valoir Nicolas non sans fierté.

Un réseau de brasseries durables

À terme, Nicolas et Tanguy souhaitent mettre sur pied un réseau international de microbrasseries durables dont les membres, certes indépendants, pourront néanmoins s’appuyer sur le savoir-faire de la brasserie de Marsinne. Objectif affiché : parvenir à une production locale de bière neutre en énergie et en CO2 dans le monde entier. En 2017, la première installation est opérationnelle au Cap, en Afrique du Sud, et un deuxième projet prend forme en Californie. Chaque initiative a sa propre approche : sociale pour la première, compte tenu du nombre important d’habitants dans les townships qui entourent la ville, et écologique pour la seconde.

PEOPLE & PARTICIPATION
La brasserie de Marsinne engage délibérément des personnes qui éprouvent des difficultés à s’insérer dans le marché du travail (chômeurs de longue durée, personnes âgées...) et les initie au brassage, à la distribution ou au processus de vente. Elles bénéficient par ailleurs d’une formation sur le tas, ce qui renforce considérablement leurs perspectives d’avenir. Et pour certaines tâches, elle a recours à des entreprises de travail adapté. Si chaque service a un rôle clair à jouer, en toute autonomie, le dialogue avec les autres divisions est néanmoins constant. Le laboratoire, la production, l’entretien, la logistique, les ventes et l’administration entretiennent ainsi des contacts permanents. Ouverte aux visiteurs, la brasserie organise des séances de brassage destinées aussi bien aux professionnels qu’aux brasseurs amateurs : l’occasion pour les intéressés de suivre une formation ou d’échanger des connaissances. Une philosophie de l’open source qui trouve également un écho dans le développement d’un réseau international de microbrasseries durables.

PLANET
La brasserie de Marsinne met tout en œuvre pour devenir la première microbrasserie neutre en CO2. Le processus de brassage a un impact minimal sur l’environnement, produit le moins de déchets et d’eaux résiduaires possible et consomme l’énergie avec parcimonie. Les vapeurs libérées au cours du brassage sont récoltées pour être réutilisées et la brasserie est alimentée en énergie verte. L’emballage des bières est minimaliste : sans étiquette ni colle et donc sans détergents, il est presque entièrement produit à partir de matériaux recyclés et recyclables. Toutes les matières premières sont belges, de préférence bio et locales. Résultat : le produit fini n’a parcouru qu’un nombre restreint de kilomètres.

PROSPERITY
« Au-delà de son engagement écologique et social, la brasserie doit également être rentable », précise Tanguy. « Nous entendons donner à cette entreprise un avenir solide sur le plan financier. » L’efficacité de la gestion est donc primordiale. La production de la brasserie de Marsinne était d’environ 2400 hl en 2016, qui doivent être portés à 3000 hl en 2017. La société est gérée par ses deux associés, épaulés par un collaborateur commercial et deux jeunes qui suivent une formation en alternance à l’IFAPME. 

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