Lauréate HERA Award Sustainable Media 2026
Lola Fonta a investigué la façon dont les médias belges francophones abordent la question environnementale, particulièrement climatique, dans leurs colonnes. Après une première analyse historique élargie à l’Europe et aux États-Unis, elle s’est concentrée sur la façon dont les médias belges francophones ont progressivement intégré les thématiques environnementales à l’aune de la notion de « développement durable » surgie au début des années 90. Dix journalistes et rédacteurs en chef ont été rencontrés. L’analyse de leurs interviews a permis à l’autrice de mettre en lumière les freins et obstacles rencontrés dans l’exercice de leur spécialité (pressions économiques, manque de formation, conflits avec les normes journalistiques…), mais aussi les modèles alternatifs et les nouvelles pratiques (journalisme collaboratif, articles « constructifs », création de médias indépendants et de collectifs de journalistes...). Les questions de spécialisation, neutralité et de militance sont également débattues.
L'avis du jury du HERA Award Sustainable Media
Le travail de Lola Fonta étudie le traitement de la question écologique dans les médias belges francophones. Il analyse à la fois les transformations à l’œuvre dans les rédactions pour mieux couvrir le sujet et les obstacles qu’elles rencontrent dans la poursuite de cet objectif.
Le jury a particulièrement apprécié le chapitre retraçant l’histoire du journalisme environnemental sur le territoire de la Belgique francophone. Cet exercice de documentation est particulièrement novateur car il comble une lacune importante dans la compréhension du rapport des journalistes belges avec la question environnementale.
L’autrice s’est également distinguée par la réflexivité dont elle a fait preuve sur les limites méthodologiques de son travail (panel biaisé, nombre limité d’entretiens…). Le jury a salué la qualité de la mise en dialogue des sources théoriques et des témoignages recueillis, et a trouvé le mémoire agréable à lire et très bien documenté.
Si le jury souligne l’ampleur du travail réalisé, il aurait aimé que l’autrice élargisse le spectre de ses recherches et interroge des rédactions moins avancées sur les sujets environnementaux. Il aurait aussi souhaité que l’autrice propose des solutions et des recommandations, pour que les professionnel·les du secteur puissent s’emparer du mémoire comme d’un véritable outil. C’est pourquoi il encourage Lola Fonta à poursuivre le travail entamé et à s’appuyer sur les connaissances développées dans son mémoire, pour aider les rédactions à lever les obstacles identifiés et renforcer in fine la présence des sujets environnementaux dans les médias.