Lauréat HERA Award Sustainable Engineering 2026
Le travail de Loïc Gras interroge la capacité du secteur de l’architecture à répondre efficacement aux besoins de l’aide humanitaire de première urgence tout en intégrant les principes de durabilité. L’auteur a d’abord analysé les divers atouts et inconvénients des différents systèmes photovoltaïques déployables in situ, capables de faire l’impasse sur le recours aux générateurs au diesel. Sur la base d’échanges avec les responsables logistiques de la Croix-Rouge, de Médecins Sans Frontières et de la Défense belge, il a ensuite mis au point un prototype à membrane photovoltaïque souple pesant moins de 60 kilos, dont la morphologie permet une installation en moins de 2 heures par 2 à 3 personnes non spécialisées. Ce dispositif fournit en moyenne 21,5 kWh d’électricité par jour. Son projet a fait l’objet de diverses simulations, notamment dans la zone d’intervention humanitaire à Gaza et prévoit des perspectives d’évolution pour soutenir les actions humanitaires internationales.
L'avis du jury du HERA Award Sustainable Engineering
Le jury félicite chaleureusement Loïc Gras pour son mémoire, qu’il considère comme un modèle exemplaire et particulièrement abouti de méthodologie 4P. L’analyse multicritère est remarquable. Son travail illustre de manière convaincante comment appliquer une démarche systémique dans un projet d’ingénierie.
Le projet se distingue par la pertinence et l’importance de son objet : il répond à un intérêt pratique, immédiat et particulièrement essentiel : améliorer les conditions de vie des personnes en situation de crise comme les catastrophes naturelles ou les conflits politiques. Les crises humanitaires et climatiques se multipliant, il représente un enjeu réellement majeur. Dans ces situations, l’accès à l’énergie conditionne la survie : soins médicaux, communication, eau, alimentation. Loïc propose une piste concrète pour y répondre.
Le jury salue tout particulièrement le point de départ du projet. Loïc a construit son travail à partir des besoins réels du terrain et une vraie prise en compte et implication des utilisateurs finaux. Via des entretiens avec des équipes d’intervention humanitaire, il met en lumière un écart réel entre les besoins et les solutions existantes : il n’existe que très peu de solutions énergétiques durables, simples à déployer et adaptées aux contextes d’urgence. Cette démarche – qui répond à un vrai besoin pratico-pratique sur le terrain – pas systématiquement utilisée en ingénierie est encensée par le jury.
Le jury apprécie également la dimension très concrète et opérationnelle du travail. Les pistes proposées semblent utiles, réalisables et prometteuses à court terme. Cependant, le jury note que certains aspects techniques - contraintes de déploiement et de mise en œuvre - pourraient être plus approfondis. Le financement et la faisabilité pratique pourraient aussi être explorés davantage. Les simulations réalisées sont pertinentes, mais le jury encouragerait une évolution vers un prototype testé sur le terrain. Ce serait une étape importante pour renforcer la robustesse du projet.
Dans son ensemble, le jury considère ce travail comme réellement utile, abouti, clair et très bien argumenté. Il apprécie particulièrement la démarche bien documentée et la justification des choix. L’humain, les besoins et le terrain sont au cœur du mémoire ; une approche systémique modèle.