Nominé HERA Award Sustainable Architecture 2026
Le travail de Victor Bénétreau porte sur les fourches des arbres, les parties présentant des fortes courbures, les faibles sections… bref, tout ce que l’industrie forestière a tendance à considérer comme des résidus et qu’elle transforme en panneaux, en papier ou en bioénergie. Inscrivant son travail dans les pas d’Yves Weinand et des recherches menées au sein de l’IBOIS (Laboratoire des constructions en bois de l’EPFL), l’auteur a exploré la faisabilité de créer un nouveau marché du bois, non pas tourné sur l’exportation en Asie ou le recours à des processus à gros impact environnemental et énergétique, mais bien sur la valorisation de ce bois doté de qualités mécaniques spécifiques. Diverses utilisations à haut potentiel de création d’emplois locaux sont possibles. Pour cela, sur la base d’entretiens menés avec des experts du secteur et de sa propre expérience de charpentier professionnel, il a développé un processus numérique complet, allant de relevés morphologiques et mécaniques en forêt jusqu’à des systèmes constructifs adaptés, en passant par un catalogue numérique utilisable par les forestiers et un usinage robotisé. Tout ce processus a été appliqué à la forêt de Soignes.
L'avis du jury du HERA Award Sustainable Architecture 2026
Dans son mémoire, Victor Bénétreau étudie une nouvelle filière pour valoriser le bois d’industrie, présentant des défauts et donc destiné à des usages tels que les panneaux, le papier ou la bioénergie, en bois rond pour la construction.
Le jury a particulièrement apprécié l’engagement personnel de Victor dans son mémoire. Il a en effet suivi une formation de charpentier, avant de devenir architecte. Il connaît donc très bien le matériau qu’il étudie. Il analyse dans son mémoire des techniques complexes et fascinantes pour les ingénieur·es et les architectes, quoique peu appréhendables pour le grand public.
Les idées développées par Victor Bénétreau s'inscrivent dans un flux de recherche initié par Yves Weinand à l'IBOIS (Laboratoire des constructions en bois de l'EPFL). Ces techniques méritent d’être bien étudiées, comme il le fait, dans la perspective des stratégies à mettre en place pour répondre aux enjeux actuels du marché du bois wallon. Le changement de paradigme analysé par Victor Bénétreau implique certes de grands investissements, tant au niveau technique (numérisation et robotisation) qu’au niveau de la formation (nouveaux métiers), et suppose de lever des freins règlementaires. Le jury apprécie néanmoins le fondement de ce mémoire basé sur la valorisation de nos forêts, alliant les aspects naturels, humains, techniques et économiques de la filière bois, dans un contexte de mondialisation du commerce et de réchauffement climatique.
Le jury est heureux d’encourager ce travail qui se penche sur les problèmes d’une forêt emblématique de chez nous, la partie bruxelloise de la forêt de Soignes, qui fait l’objet du cas d’étude de ce mémoire.