Gabriel Isnard part du postulat que la participation active des enfants à la fabrique de la ville est un levier de gouvernance démocratique et de meilleure robustesse de nos sociétés. Après avoir analysé la place de l’enfant dans la ville et défini les critères d’une ville favorable à ceux-ci, il s’est plongé dans une démarche d’urbanisme participatif avec des élèves de 8 à 12 ans de l’école Peter Pan dans le quartier Morichar à Saint-Gilles. En collaboration avec le Réseau Idée, il a conçu et animé deux ateliers destinés à implanter un quartier scolaire s’articulant autour de cinq rues thématiques : la rue comme un potager, une rivière, les jeux olympiques, une page blanche et des collines. Enfin, il a transformé l'imaginaire des enfants en cahier des charges durable et veillé à ce que sa méthodologie aboutisse à une stratégie pérenne, susceptible d'inspirer d'autres processus de co-construction urbaine menés avec les enfants.
L'avis du jury du HERA Award Sustainable Education 2026
Le mémoire de Gabriel Isnard interroge comment co-construire la ville avec les enfants à travers une approche participative, en s'appuyant sur des ateliers menés dans le quartier de Saint-Gilles, à Bruxelles, avec des élèves de 8 à 12 ans.
Le jury a particulièrement apprécié la qualité esthétique du mémoire ainsi que son approche concrète et réplicable. La méthodologie est claire et les dispositifs sont suffisamment bien décrits pour permettre leur transfert dans d'autres contextes. Le jury souligne également l'intérêt du regard d'un architecte-urbaniste sur des questions éducatives, enrichissant ainsi la réflexion par une perspective nouvelle dans ce domaine.
Sur le plan thématique, le jury reconnaît l'importance majeure de l'enjeu des villes durables et de la participation citoyenne dès le plus jeune âge. Les enfants sont des usagers légitimes de l'espace public. À ce titre, leur inclusion dans un projet d'urbanisme constitue une innovation pertinente pour la Belgique, même si de telles démarches existent déjà ailleurs en Europe. Le mémoire remet au goût du jour des pratiques transdisciplinaires qui se raréfient dans le système éducatif actuel.
En cohérence avec la formation de l’auteur, l'analyse met l’accent sur la portée urbanistique du projet. Tout en reconnaissant la pertinence de cette approche, le jury souligne qu'il aurait été intéressant de creuser davantage la plus-value pédagogique de l'exercice et la dimension métacognitive de la participation des enfants. Ce mémoire ouvre néanmoins la voie à des recherches complémentaires sur ce que les enfants apprennent réellement à travers de telles démarches. Il observe également que, si la dimension participative est bien développée, une approche intégrant plus largement les aspects socio-économiques et les autres acteur·ices du quartier (habitant·es, commerçant·es) enrichirait le propos.
Pour conclure, le jury considère que ce mémoire ouvre des pistes concrètes pour repenser la place des enfants dans la construction de l'espace public. Il pourrait intéresser tant les professionnel·les de l'urbanisme que des acteur·ices souhaitant développer des projets participatifs locaux.