Nominée HERA Award Sustainable Health 2026
Camille Lemaître a réalisé une étude comparative de 2 grosses friches industrielles afin de savoir si – et comment – les opérateurs à la manœuvre ont attaché de l’importance à la santé environnementale des populations concernées : Carsid-Duferco à Charleroi (110 hectares) et Shawfield Glasgow en Écosse (64 hectares). Pour ce faire, elle a mis au point une grille d’analyse propre, inspirée du concept Urbanisme Favorable à la Santé (UFS), d’interviews d’expert·es et de visites de terrain dans les 2 régions concernées. Cette grille lui a permis de mettre en évidence une réalité commune aux 2 zones : la santé est demeurée largement invisible et non reconnue par les acteur·ices de ces réhabilitations. Plus généralement, son travail plaide pour que les reconversions de friches ne s’entendent pas seulement comme les comblements d’un « vide urbain » teintés d’amélioration de la biodiversité, mais bien comme des occasions à saisir pour corriger les inégalités territoriales et améliorer la cohésion sociale. La co-construction avec les populations locales est, à cet égard, indispensable.
L'avis du jury du HERA Award Sustainable Health
Dans son mémoire, Camille Lemaître a comparé deux projets de redéveloppement de friches industrielles, l’un en Wallonie (Charleroi) et l’autre en Écosse (Glasgow), en se servant d’une grille d’analyse adaptée des principes d’Urbanisme Favorable à la Santé et articulée autour des objectifs de développement durable.
Le jury a jugé très intéressant le travail de comparaison réalisé par Camille Lemaître. Son approche transversale permet d’appréhender la complexité des dynamiques sociales et économiques et des enjeux environnementaux et de santé en lien avec le redéveloppement des friches industrielles. Il salue l’implication personnelle de l’autrice, qui s’est déplacée sur les deux sites étudiés et a pu ainsi apporter une perspective supplémentaire aux documents analysés. Le reportage photographique a d’ailleurs particulièrement été apprécié.
Ce mémoire met notamment l’accent sur l’importance de la participation citoyenne dans les projets de réhabilitation des friches industrielles. À cet égard, le jury aurait aimé que l’autrice s’intéresse davantage à certaines parties prenantes (groupe de citoyen·nes et responsables politiques communaux) dans l’enquête de terrain réalisée à Charleroi, pour compléter ses conclusions.
Si le travail se concentre sur un contexte bien spécifique, l’analyse peut être extrapolée et les recommandations s’avérer utiles pour d’autres projets d’aménagement du territoire. Le jury décèle en effet dans ce mémoire un vrai potentiel de mise en pratique.